Chef d'entreprise : votre fiscalité se joue sur trois tableaux
Un dirigeant ne défiscalise pas comme un salarié : la structure (forme sociale, rémunération, dividendes) précède les dispositifs. Une fois la structure posée, les leviers personnels prennent une ampleur inaccessible aux autres profils.
Tableau 1 — La structure, avant tout dispositif
L'arbitrage rémunération/dividendes détermine votre revenu imposable, vos cotisations et votre plafond PER. Un gérant majoritaire (TNS) ouvre le plafond madelin (jusqu'à 88 911 €) ; un président de SAS reste au régime salarié (37 680 €). Ce travail se fait avec votre expert-comptable — les dispositifs viennent après, sur le revenu qui reste imposé au barème.
Tableau 2 — Les leviers personnels du dirigeant
| Levier | Pourquoi il pèse chez un dirigeant | Page |
|---|---|---|
| PER au plafond | TMI 41-45 % fréquente : chaque euro déduit rend 41-45 centimes ; reports mobilisables les bonnes années | Plafonds PER |
| Immobilier hors plafond | Déficit foncier, Malraux, MH : à la mesure d'impositions à 5 chiffres | Stratégies 20 k€+ |
| Girardin | Traite le solde annuel jusqu'à 18 000 € d'avantage | Girardin |
| GFI | 75 % d'abattement transmission : un outil de passage de patrimoine autant que d'impôt | GFI |
Tableau 3 — Les échéances de la vie de l'entreprise
Année de forte distribution, cession, transmission : chacune se prépare fiscalement 2 à 5 ans à l'avance. Les reports PER s'accumulent en prévision de l'année de cession ; un chantier Monuments historiques se cale sur les années de pic ; la transmission s'organise avec l'assurance-vie (abattements avant 70 ans) et les outils dédiés. C'est ici que le conseil sur mesure remplace définitivement les produits sur étagère.
Questions fréquentes
Dirigeant assimilé salarié ou TNS : quelle différence fiscale ?
Le gérant majoritaire de SARL (TNS) accède au plafond PER madelin — jusqu’à 88 911 € en 2026. Le président de SAS (assimilé salarié) relève du plafond salarié (37 680 €). Ce seul paramètre peut orienter le choix de la forme sociale quand les revenus sont élevés.
Arbitrer rémunération ou dividendes change-t-il la défiscalisation ?
Directement : les dividendes (PFU 30 %) n’alimentent ni le plafond PER, ni les trimestres de retraite. Une rémunération plus forte coûte des cotisations mais ouvre de la capacité de déduction. L’optimum se calcule chaque année avec l’expert-comptable — la défiscalisation s’ajoute après, elle ne remplace pas cet arbitrage.
Comment préparer fiscalement la vente de son entreprise ?
Plusieurs années à l’avance : reports PER accumulés pour écrêter l’année de la cession, éventuel apport-cession (150-0 B ter) avec l’avocat fiscaliste, et dispositifs à déduction massive (Monuments historiques, déficit foncier) positionnés sur les années de forte imposition. L’improvisation de dernière année coûte cher.